My Foul’art : notre réponse à la polémique

Bonjour à tous,

L’association Les Passerailes de Rosa a organisé Jeudi 10 novembre l’évènement My Foul’Art, conçu pour faciliter la diversité culturelle et promouvoir l’artisanat du foulard. Nous agissons dans le secteur associatif, sans jamais avoir eu à nous mettre en avant car le but de nos actions n’a jamais été de gagner en notoriété mais plutôt d’apporter du réconfort et des solutions auprès des bénéficiaires. Vous comprendrez donc qu’il a été très difficile pour nous aujourd’hui de sortir de notre anonymat.

Cependant, un article publié sur un site d’extrême droite, a été relayé massivement sur Internet en déformant complètement le contenu de notre soirée de lancement, entrainant polémiques, diffamations, images obscènes sur nos réseaux.

Le profond émoi ressenti chez nos bénévoles nous oblige à réagir aujourd’hui. En effet, les propos tenus par les diffamateurs sont allés beaucoup trop loin.

Se retrouver au cœur d’une polémique certes, mais se faire insulter de tous les maux et mots, cela est injuste et inacceptable. Au vu des reproches illogiques, nous tenons donc à répondre dans la bienveillance, en espérant que nos propos n’offusquent personne.

Qui a organisé My Foul’Art ?

L’association Les Passerailes de Rosa a été créée en 2011, son siège est fixé à Boulogne Billancourt avec une antenne à Aubervilliers. Le titre de l’association rend hommage aux femmes qui ont marqué l’histoire et qui inspirent les 22 bénévoles femmes de l’association : Rosa Luxemburg, Rosa Parks, Rosa Bonheur… Nous sommes une toute petite association, qui œuvre sur le terrain, avec les moyens du bord, sans subventions, ni partenaires. Nos ressources ? Notre cœur, notre détermination, nos valeurs et notre engagement pour le milieu associatif.

Notre objet social est de favoriser l’insertion, la cohésion sociale et l’interaction culturelle.

Depuis la création de l’association, nous avons organisé des goûters culturels à l’hôpital Robert Debré, des sorties culturelles pour les mamans au musée du Quai Branly, des clubs de lecture, des journées beauté pour les femmes en situation de précarité…..et nous avons surtout deux projets phares sur lesquels nous nous concentrons : le réseau de parrainage HOPE pour les jeunes collégiens de REP+ www.reseauhope.com ainsi que le salon My Foul’Art qui est dédié au foulard dans toute sa diversité www.myfoulart.com.

Pourquoi My Foul’Art ?

Le foulard est l’indispensable de notre garde robe, on le retrouve sous diverses formes : le fichu, le chèche, le carré, le keffieh, la pashminette, le smock, le paréo, le bandana, le mouchoir du dandy, l’étole,  le snood, les triangles, pour ne citer que ceux-là.

Il peut être porté en coiffe,  jeté autour du cou, sur le sac ou autour de la taille, ou parce qu’il habille avec fantaisie une simple natte…  le foulard réserve milles et une facette et nous voulions mettre en avant le travail artisanal, les couleurs, les imprimés, les attachés, les matières (en wax, en soie, en laine, en fourrure ou en pashmina etc.).

Nous avons créé My Foul’Art pour présenter le foulard dans tous ses états, pour réunir les différentes cultures et différents styles de vie liés au foulard, de plonger dans l’histoire de la France, de voyager en Europe, en Asie, en Afrique… C’était pour nous l’occasion de partir à la découverte de l’autre, à travers les époques et les continents, pour abaisser les barrières et  rapprocher les gens autour de ce petit accessoire universel, si ordinaire, si commun à tous ! C’est aussi l’occasion de donner une vitrine à tous les artisans du foulard, au même titre que le Salon du cholocat ou le Salon de l’automobile, nous estimons que la créativité des artisans du foulard  mérite d’être illustré.

C’est un évènement  ouvert à tous, hommes, femmes, enfants, il s’agit avant tout d’un lieu intergénérationnel, interculturel, et surtout festif, chaleureux, bon enfant.

Nous nous retrouvons au cœur d’une polémique qui nous dépasse complètement car de nos jours le mot foulard fait peur. Il a été mystifié et réduit à « voile » par certaines personnes qui souhaitent vraisemblablement récupérer notre évènement à des fins politiques (et de tous bords !).

Notre soirée de lancement Jeudi 10 novembre à la mairie du 4ème

Comme toutes les associations, notre première démarche a été de visiter les salles municipales et notre coup de cœur pour la salle des fêtes de la mairie du 4ème nous a convaincu au premier regard. Nous avons ensuite proposé à plusieurs artisans de nous rejoindre dans l’aventure, afin d’exposer leurs créations lors d’un défilé. Voici les marques qui sont revenues vers nous pour nous accompagner  Jeudi dernier.

Henry Margu, qui propose depuis 1950, des chapeaux Haute Couture, des perruques et des turbans pour les femmes atteintes d’un cancer et qui subissent de lourdes pertes de cheveux durant la chimiothérapie. Nous avons aussi accueilli Indira de Paris, Paina Pulz, Thanoé Créations et Barcha Paris qui ont présenté leurs turbans, il y avait aussi Maison Udjuwa (carré de soie d’inspiration Swahili) Osez le Foulard (tissus batik d’inspiration Rwanda), et enfin la marque Hijab Syriamal qui vend des foulards. Deux marques de prêt à porter ont habillé le défilé : Fringadine et Niyya Paris, accompagné des bijoux Art is the new black.

Nous avons été en contact avec de nombreuses autres marques comme entre autres Petit Jean Paris, Bonhomme, Christiane Lombard, Alumette, Eleazar Paris… la collaboration n’a tout simplement pas pu se faire pour des raisons ordinaires : dernière minute, manque de temps, indisponibilités à la date, ou encore faible intérêt pour participer etc.

Enfin,  6 bloggueuses passionnées de foulard, nous ont apporté leur soutien en devenant ambassadrices de notre soirée de lancement : Sarah Magnier, Asma Farès, Sassi, Loren (soyons élégantes), Marella (Confidences d’une turbanista), et Anlya Modest Fashion.

L’évènement s’inscrit donc  dans une intention bien plus globale que ce qui a été présenté. Nous sommes dans une logique de mixité, de tolérance, de mieux vivre ensemble, de découverte, d’éducation, de promotion de l’artisanat local…en utilisant le foulard comme lien social.

Concernant la sélection de marques ou d’invités, nous n’avons bien évidemment pas effectué de discrimination à l’entrée, cela serait contraire aux valeurs que nous défendons. My Foul’Art est ouvert à tous sans distinction, sans discrimination de genre, de classe, de religion, d’orientation sexuelle, d’origine… Nous sommes fières d’œuvrer chaque jour pour le mieux vivre ensemble et en faveur des droits de l’Homme!

Les produits mis en valeur s’adressent à tous, et nous ne refuserons jamais l’entrée à des participantes parce qu’elles sont musulmanes. Chaque individu, chaque citoyen avait sa place au sein de notre évènement. Les personnes présentes  pourront témoigner de la générosité et de la solidarité présentes sur les lieux, le foulard y a été présenté dans tous ses variantes à travers un défilé classe et glamour, ouvert par une athlète de gymnastique rythmique avec ruban.

Par cette lettre, nous souhaitons tout simplement recréer un climat d’apaisement face à une polémique sans fondements. Nous avons beaucoup de peine à observer ce déversement de haine et toute cette agitation. Ce n’était bien évidemment pas un évènement religieux au sein d’une mairie comme ce qui a pu être dit. Nous sommes désolées de la mauvaise compréhension de notre évènement, et  de l’impact inattendu sur sur nos bénévoles, nos participants, nos mannequins, les marques présentes et surtout  la mairie du 4ème  qui nous a mis la salle à disposition. Nous sommes tous victimes de la polémique, pourtant les photos et visuels parus sur nos outils de communication parlent d’eux même.

Nous  sommes instrumentalisés dans un faux article répandu en masse et nous n’avons pas apprécié être exploité de la sorte. My Foul’Art est un évènement artistique, ce n’est pas une plateforme d’apologie politique, et nous n’acceptons pas que certaines personnes mentent, inventent et  trompent l’opinion publique. Il est important de se renseigner avant de répandre de fausses informations car cela a un impact sur des êtres humains avant tout.  Nous condamnons absolument ce genre de pratiques et de jeux politiques. Si votre but est d’échanger sur la question du voile, dans ce cas allez à la rencontre des femmes concernées et donnez leur la parole, inutile de stigmatiser notre évènement qui se veut tout simplement populaire.

Notre petite association sans prétentions, sans soutien particulier, se retrouve au cœur d’un débat si éloigné de nos intentions premières. Nous vous demandons de cesser les insultes et mails sans quoi, nous ne manquerons pas de faire appel à tous les dispositifs légaux mis en place par la Justice de notre République afin de nous protéger.

Nous nous sommes rassemblés Jeudi dans un lieu commun, dans la paix et l’amitié. Je souhaite sincèrement poursuivre sur ces notes afin que les esprits se calment et que les théories prennent fin. A la veille du 13 novembre, ne devrions-nous pas nous concentrer sur la commémoration de nos victimes dans un climat d’unité sociale ?

Bien à vous,

Emma Camara

Présidente de l’association

Les Passerailes de Rosa

 

 

 

 

 

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